Ce sont des petites habitudes, des rituels anodins qui, sans qu’on s’en aperçoive, viennent pimenter nos journées rébarbatives dans nos entreprises. Celui qui sert la main en arrivant et qui en profite pour vous tripoter les épaules, l’autre qui fait la bise en venant chercher son café, tout en tentant une énième tentative de séduction médiocre et surtout, dans mon cas, ces copines auxquelles je me raccroche les jours où je ne trouve pas de raison valable pour aller travailler.
Tout doucement, ces personnes s’incrustent dans le décor, elles deviennent parfois une plante, une fenêtre, un tableau, elles agrémentent sans le savoir le quotidien d’un collègue ou d’un patron. Un sourire, une jolie robe, une petite attention et les journées deviennent moins lourdes, moins longues. Sans vraiment s’en rendre compte, les fous rires s’alternent avec les corvées et au fond, l’ensemble n’est pas si terrible. Grâce à elles. On partage les ragots du jour autour d’une salade et d’un coca light, on compare nos régimes, nos fringues, nos amours, on se régale des coucheries internes et des rumeurs douteuses, on critique, on complimente, on se rassure, on s’aide à tenir debout.
Et puis un jour…l’une d’entre elle s’en va, une de plus, une de trop. On organise un dernier pot où l’on sort deux, trois vannes en lui offrant l’inévitable carte d’adieu, on sirote du mousseux, on se goinfre de fraises Tagada, mais surtout, on lutte pour ravaler ses larmes. Parce que ce ne sera plus jamais pareil après son départ. Le cercle se rétrécit en même temps que notre motivation pour venir travailler le lendemain et c’est un peu de notre bonne humeur qu’elle emmène avec elle.
Cet « article » s’adresse à toutes mes copines celles qui sont parties et celles qui restent, merci du fond du cœur pour tout ce que vous m’avez donné, même sans vous en rendre compte, parce que c’est grâce à vous aussi que j’ai pû tenir ces derniers mois.
Au revoir Karine, je ne t’oublierai pas…
Pour cette
deuxième soirée, nous décidons de prendre un taxi pour nous rendre à la ville d’Hammamet, afin de ne pas laisser le temps glisser entre nos doigts comme des grains de sable blanc. Tout comme lors
de mon dernier passage en solitaire dans cette ville, il y a quelques années, je redécouvre ce centre touristique avec effroi, tant tout le cœur de la Médina est caractérisé par une cacophonie
assourdissante. Dans toutes les terrasses de restaurant, tous les cafés, des groupes de musiciens locaux menacent de surdité leur auditoire à chaque note plantée sur leurs vieux synthétiseurs.
Nous fuyons aussitôt le bruit et la foule de touristes pour rejoindre une pseudo pizzeria au feu de bois, où les restes de mon dîner finiront dans l’estomac de trois petits chats tournant autour
de notre table avec des miaulements aussi inquiétants que leur maigreur.
Derniers Commentaires