Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 12:17

Elysee-2012-la-vraie-campagne-Serge-Moati-au-coeur-de-la-ca

En découvrant le premier volet de la série documentaire de Serge Moati sur les « coulisses de l’élection présidentielle », dont les prochains épisodes seront présentés chaque premier lundi du mois, à partir du 7 Octobre sur France 3, j’ai ressenti la même délectation qu’en visionnant Fahrenheit 911 de Michael Moore, avec sa volonté de mettre en lumière ce que les chefs d’Etat s’acharnent à préserver à tous prix dans l’ombre.

 

Teaser du documentaire :

 

http://www.dailymotion.com/video/xleibg_bande-annonce-elysee-2012-la-vraie-campagne-le-temps-des-primaires-partie-1_news

 

Immersion dans le monde souterrain d’une campagne où les candidats en lice ajustent leurs propos au rythme des sondages et de leurs conseillers plus ou moins avisés, n’hésitant plus à s’attaquer à la crédibilité des autres éligibles de leur propre partie (à voir ou revoir, l’extrait montrant l’affrontement animé entre Nicolas Hulot et Eva Joly :

 

http://www.wat.tv/video/dernier-debat-tendu-entre-3tlcj_2exyh_.html).

 

Des scènes aussi improbables qu’une Marine au cœur battant, à quelques minutes de son entrée dans l’arène grouillant de fans hystériques et d’un père applaudissant, avec avidité et acidité devant sa télé, chacun de ses discours calibrés comme un one woman show à l’américaine. Conflit d’abandon ? Envie de séduire un père qui a tout miser sur sa fille pour porter sa lourde succession ? Des images dérobées dans l’envers du décor politique, qui nous rappellent que derrière chaque investiture, il y a aussi le poids d’un enjeu personnel.

 

Alors qu’Arnaud Montebourg griffonne ses discours sur des bouts de papier dans une loge de fortune avant de rentrer en scène, d’autres, comme Nicolas Hulot, se laissent infantiliser par des conseillers qui s’acharnent à structurer ses élocutions afin d’éviter ses incontrôlables colères lors des débats télévisés. On découvre un candidat à la prestance aussi effacée qu’un petit crabe esseulé au milieu du nid.

 

Suivent aussi les parades orchestrées des candidats socialistes, concentrant leur énergie pour soigneusement s’éviter lors de leurs apparitions hyper médiatisées au festival du OFF à Avignon et un François Hollande anticipant sa probable élection en jouant aux stars retardataires lors de ses discours attendus par des centaines de partisans survoltés par la chauffeuse de salle Martine Aubry.

 

Simple spectatrice de ce cirque pré-présidentiel, j’ai trouvé le ton de ce documentaire aussi encourageant que surprenant, car l’infiltration de Moati dans cet univers semble plus qu’improbable dans une ère de langue de bois professionnelle. Alors oui, je me suis délectée des consignes données par Jean-François Coppé aux autre membres de l’UMP, concernant leurs réactions à divulguer au lendemain du virage à gauche du sénat, consignes incluant le fait qu’il faut éviter le par cœur afin d’éviter le zapping, oui Marine me fait peur parce que les français sont blasés d’être pris pour des benêts et que beaucoup d’entre eux envisagent un vote extrémiste pour montrer leur ras le bol et oui encore, je me réjouis de cette série de documentaires qui viendra sûrement compenser le ton essoufflé des « Guignols de l’info ».

 

Je serais donc ravie de lire vos avis sur cette émission et, pourquoi pas, découvrir une lecture différente de la mienne sur cette dernière ! 

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Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 10:48

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La lente danse macabre a encore emporté une de ses danseuse étoile dans la nuit de samedi. En perdant sa grand-mère, mon homme est rentré en unisson avec moi dans le râle du deuil qui enveloppe à présent notre béatitude d’un fin voile sombre, dont seule notre rage de vivre pourra nous défaire, avec le temps.

 

Encore un long week-end sur la route à travers de sublimes paysages défilant sous nos yeux, des paysages qui semblent presque déplacés dans de telles circonstances. Tout comme ce soleil qui nous narguait déjà lors de mon ultime adieu à ma mère. Seuls les cafés sirotés dans les aires d’autoroute nous apporte un peu de réconfort et nous nous laissons bercer au fil des ondes de la radio dédiée aux automobilistes, laissant glisser sur nos oreilles cette musique sans âme qui tente d’égayer ce moment suspendu.

 

Chaque départ d’un être cher est comme un fil qui se coupe aux bras de la marionnette que nous sommes. Alors oui, on continue tout de même à marcher, à prendre des rendez-vous, à faire la fête, mais l’ensemble est un peu plus bancal, moins enthousiaste, plus alcoolisé… Et il y a ceux qui restent, chacun victime de ses propres émotions, oubliant parfois celles de leurs proches. Parce que notre peine nous parait inégalable. Ces drames familiaux font souvent malheureusement ressortir la véritable essence de nos sentiments et certains différents arrivent à se délier sous l’effet de tristesse alors que d’autres, au contraire, s’ancrent dans les cœurs à tout jamais. On ne sort jamais indemne d’un deuil, on abandonne toujours quelques vivants sur la route. Si cette occasion n’a pas su mener à une réconciliation, il n’y a à mon sens plus d’espoir, mieux vaut abandonner le combat et se débarrasser d’inutiles haines.

 

En perdant ma mère, ma génitrice, ma conseillère, mon Greenwich, mon phare, ma sagesse, j’ai aussi perdu l’envie de me battre pour des causes perdues d’avance. Le petit bélier a décidé de mettre ses cornes au repos. Que la vase reste au fond de l’eau, je ne veux plus perdre mon temps à plonger pour tenter de la ramener à la surface. Je fuis à présent la confrontation et l’énumération des reproches. Qui ne m’aime pas, arrête de me suivre. La perte d’un parent révèle d’étranges ressentiments, car, à moins d’avoir entretenu une entente parfaite avec le défunt, il est fort courant que surgissent de la culpabilité, des remords et un étonnant soulagement, comme un saut dans l’âge adulte en quelques secondes seulement. Une métamorphose, une prise de conscience de notre propre responsabilité dans cette vie et l’éphémérité de cette dernière.

 

Derrière la vitre de la voiture, je vois des champs à perte de vue, comme une oeuvre de Van Gogh agrémentée de cette lumière si particulière. L’automne qui sort peu à peu de sa chrysalide,  amorce le mélange de couleurs pour teindre les feuilles des arbres d’un rouge orangé. C’est ma saison préférée. A cette époque de l’année, nous ne sommes dans aucune excitation, le printemps et l’été ont fait leur temps, c’est une saison qui n’est pas dans l’attente d’un meilleur mais qui prend le temps de s’imposer. Mon fils dort sur la banquette arrière, mon homme est perdu dans ses pensées et moi, je ne me lasse pas de rouler pendant des heures avec eux.

 

La lente danse macabre a encore emporté une de ses danseuse étoile et le soleil accompagne de sa généreuse chaleur son ascension, sur un fond de feuilles jaunies et un air de fin d’été…

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Vendredi 30 septembre 2011 5 30 /09 /Sep /2011 14:17

train.jpg

Il y avait le choix. Comme la plupart des matins, j’aurais pu changer pour un train rapide, le train brochette, où les banlieusards s’empilent en maugréant. Je me serais assise sur les marches noirâtres et mes pensées se seraient accordées avec le décor. Pourtant je n’ai pas bougé, préférant rester dans le train long, moins bondé, besoin d’air, de place, de prendre mon temps. Ma nuit hantée par des cauchemars ne m’a pas offert le repos dont j’avais besoin. Trop faible pour combattre ce matin, juste envie de me laisser porter doucement au fil des gares et jouir du spectacle trop rare que joue le soleil en claquant sur le bitume.

 

Autour de moi, les parisiens ont trouvé des subterfuges pour s’isoler, en se réfugiant derrière un roman de gare ou leur casque Docteur Grey. Je me sens seule. Seule au milieu de cette foule muette et fatiguée.

 

Ce soir, nous partons pour Clermont-Ferrand, rejoindre ma sœur et mon frère pour le week-end. Nous avons rendez-vous chez le notaire, demain, à neuf heures, afin de signer le certificat d’hérédité de notre mère. Je n’aime pas ce film là, j’ai hâte qu’il se termine. Le soir nous danserons, il le faut. Pour chasser les mauvais esprits. Pour ne pas pleurer. Bientôt trois mois qu’elle s’est envolée, trois mois que nous sommes condamnés à vivre sans elle.

 

J’aurais du prendre le train court, je réfléchis trop dans celui-là. Plus qu’une station et une nouvelle journée de travail commencera, avec son lot de sourires forcés et de tâches redondantes. J’ai tellement sommeil, je ne sais pas si je tiendrais, une journée entière, non, je ne sais pas.

 

La gare d’Haussmann Saint-Lazare s’approche à grands pas et moi je veux prendre mes jambes à mon cou. Les Maldives peut-être ou la Thaïlande, j’hésite. Est-ce assez loin ?...

 

Encore un nouveau départ dans la boite aujourd’hui. Encore des croissants et des discours faussement joyeux. Si ça continue, il ne restera bientôt plus que moi, seule derrière mon standard avec personne à accueillir.

 

En testant la faible réactivité de mes zygomatiques, j’en conclue qu’il va m’être très pénible de sourire aujourd’hui. Pourtant c’est ce que l’on attend de moi. Un bon mot, une serviabilité sans faille. Un automate.

 

Le train est arrivé à son terminus, on me bouscule, on m’écrase les pieds, je plonge dans le bain de foule, en apnée, dans le creux de la vague, je me laisse emporter, femme grenouille de pacotille qui, au lieu de trouver un moyen de se sortir de l’eau, se laisse submerger, par lassitude.

 

Lundi, je prendrai le train court.

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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 14:10

eram homo vignette pub eram homoparentalite inside

 

Traitez-moi de prude, de conservatrice, de ce que ma réaction vous inspire, mais en découvrant les nouvelles publicités d’Eram, ce matin, derrière les vitres maculées du R.E.R, j’ai été…quel serait le mot juste ?... Ecoeurée ?...

 

Après avoir épuisé l’exploitation de la nudité féminine, de la mixité des couleurs de peau (Benetton), de la vieillesse à repousser le plus longtemps possible (Virgin), les publicitaires s’attaquent aujourd’hui à l’homosexualité, aux mères couguars et aux familles recomposées.

 

Choquer à n’importe quel prix, même pour vendre une paire de godasses.

 

Alors bien sûr, l’église s’insurge, les féministes se réjouissent et le tout donne doucement naissance à une nouvelle polémique. Mais le plus choquant, à mon humble avis, c’est l’utilisation de la phrase « La famille c’est sacré » qui vient ponctuer cette succession de clichés provocateurs et réduire à néant les reliquats de valeurs qui qualifient malheureusement la majorité des familles françaises d’aujourd’hui.

 

Eram se défend par l’intermédiaire de son directeur général, monsieur Jean-Jacques Raillard :

 

« Cette campagne est une signature de la marque, qui est  une entreprise familiale et une entreprise d'aujourd'hui. Avec ces trois couples de ‘La famille, c'est sacré’, on a voulu représenter ce que peuvent être nos clients et la société actuelle, sans prendre position ou donner des jugements de valeurs. Ce n'est pas notre vocation » (interview sur Têtu.fr)

 

Non, évidemment, puisque sa vocation est de vendre, peu importe les moyens.

 

Oui je suis utopiste, mais j’ai toujours l’espoir que la crise et ses effets collatéraux nous permettent de revenir vers nos racines, vers l’essentiel. Vers la sacralisation de la famille plutôt que vers sa destruction massive au nom de la consommation. Je serais moi-même sans doute homosexuelle si j’aimais les femmes, je sortirais sûrement avec un petit jeunot  si ma crise de la cinquantaine survenait en plein célibat récurent et je suis moi-même belle-mère de deux petites filles qui rêvent encore à la même chose que moi, c'est-à-dire à l’union éternelle de leurs parents, mais je trouve honteux de se servir de ces exemples-là dans un but uniquement mercantile et de plus, à travers le langage candide d’un enfant.

 

Alors traitez-moi de prude, de conservatrice, de tout ce que ce billet vous inspire, mais je tenais à exprimer les limites de ma tolérance au nom de la publicité…

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Mercredi 21 septembre 2011 3 21 /09 /Sep /2011 09:40


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Je me souviens exactement de ce que je faisais ce jour-là, à ce moment précis : je dormais.

 

J’avais accompagné mon fils à l’école un peu plus tôt et, fatiguée par le concert que j’avais donné la veille, je m’étais recouchée. Sereinement.

 

C’est un bruit inhabituel qui m’a fait sursauter dans mon sommeil. Un bruit sourd et inidentifiable. Un bruit qui vous fait penser qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Un bruit qui vous sort du lit et vous donne des palpitations. Un bruit qui vous ramène dix jours en avant, aux pieds des tours jumelles.

 

J’ai allumé la chaîne de télévision régionale. La chaîne de ma région, de ma ville. C’est au travers de monuments et décors familiers que j’ai vu des dizaines de personnes recouvertes de poussière et de sang, déambulant avec une lenteur et une terreur lisible dans leurs yeux épouvantés. En fond sonore, on pouvait entendre des gens crier : « c’est un attentat terroriste, laissez vos enfants à l’école, ne sortez pas de chez vous, c’est en train de péter partout ! »

 

Puis « on » a parlé d’un nuage chimique, d’une consigne obligatoire de rester calfeutrés. C’est à ce moment que j’ai cru à un canular, une mise en scène. Ce genre de choses n’arrive que chez les autres, pas ici, pas à Toulouse.

 

Je me suis habillée à la hâte et je suis allée chercher mon fils à l’école. Il ne restait déjà plus qu’une dizaine d’enfants sur place. Malgré le chaos qui régnait au centre ville, un silence pesant épousait le ciel noir. Je me suis dit que c’était la fin, que d’une minute à l’autre nous allions recevoir une nouvelle bombe et que nous disparaîtrions sous les décombres. Je me suis sentie étrangement calme. J’ai appelé un ami motorisé pour me rendre au centre et constater les dégâts. On aurait dit que de la neige avait recouvert la ville.

 

Une amie, qui travaillait dans une clinique spécialisée dans les yeux, m’a téléphonée en larmes. Un défilé de zombies atrophiés envahissait le hall d’entrée. Une autre amie m’a racontée que quelques secondes à peine avant l’explosion, elle a sorti son bébé qui pleurait dans son couffin pour l’amener avec elle dans la salle de bain. En ressortant, elle a retrouvé des débris de verre plantés dans la porte et dans le petit lit de son enfant. Puis il y a eu mon contrebassiste, Jean Hugues, qui a eu le malheur de passer sur l’autoroute qui longe l’usine AZF, au mauvais moment. Il est devenu sourd sur le coup. Et des histoires comme celles-là, il y en a des centaines, des dizaines et des dizaines de vies brisées qui continuent à porter les stigmates de ce drame.

 

Alors aujourd'hui je pense à ma ville rose et à ce triste anniversaire.


Il y a dix ans, déjà...

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