Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 16:57

 

 

images-copie-3.jpg Alors que l’hiver s’installe prudemment, comme soucieux de nous habituer en douceur aux températures polaires à venir, je regarde les jours défiler avec une certaine panique, en réalisant l’envergure des préparatifs pour notre mariage, ainsi que l’organisation de ma nouvelle activité « d’auteure » qui devrait prendre vie dès le mois de janvier.

 

C’est étonnant d’observer à quel point les préoccupations peuvent changer au fil des années. L’an dernier à la même époque, par exemple, je menais un combat acharné contre ma voisine hystérique qui m’interdisait de recevoir des amis chez moi et dans le même temps, je me demandais comment j’allais trouver les fonds nécessaires pour offrir un cadeau décent à mon fils pour Noël…

 

C’est étrange… Alors quand je suis au téléphone avec l’organisatrice du mariage qui nous prépare une cérémonie digne des contes de mille et une nuits au Maroc, j’ai l’impression qu’on parle de quelqu’un d’autre. Une fille qui aurait de la chance, une fille qu’un homme merveilleux voudrait épouser.

 

J’ai peur de me réveiller.

 

Je ne comprends pas tout ce qui m’arrive, je suis emportée par une vague de béatitude, qui, je l’espère, ne me laissera pas  échouée sur une plage abandonnée… Coquillages et crustacés…

 

En attendant, je macère dans ma présente réalité qui m’ordonne de me lever chaque matin pour me rendre à un travail que je ne supporte plus. Il est certain que je préférerais être au front pour organiser avec sérénité le ballet des traiteurs et autres intervenants de notre union, plutôt que de m’égosiller au téléphone face à des clients mécontents qui déversent leur fiel hivernal, à une fréquence régulière d’un appel par minute.  Mais trop de bonheur d’un coup pourrait être fatal, qui sait…

 

Alors tout comme l’hiver qui avance à tâtons, je laisse faire les choses, je les observe d’un œil surpris et j’attends que tout se mette en ordre, se mette en marche tout en essayant de rester calme, ce qui n’est pas ma qualité première, mais on ne devient pas une Madame sans faire quelques efforts…

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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 09:43

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Après une phase d’hibernation totale dans mon cocon, forcément, des idées mûrissent.

 

Avant cette année, je crois pouvoir dire sans misérabilisme déplacé, que je n’ai jamais connu le « vrai » bonheur. La naissance de mon fils, évidemment, était un moment de joie pur, comme injecté par de puissantes intraveineuses à effet prolongé, mais cela ne suffit pas, honnêtement, pour être absolument submergée par un bonheur constant.

 

Un enfant n’apporte pas que du bonheur, c’est un stupide mensonge entretenu par des parents aspirant à l’éternelle perfection et soignant leur façade avec plus grand soin que leur intérieur.

 

Un enfant, ça blesse, ça fatigue, ça déçoit, ça ment, ça manipule, ça vous méprise même, parfois, quand la puberté vient sonner à leur porte et qu'ils laissent alors glisser leur peau infantile sur leurs prémices de poils ridicules.

 

Un enfant on l’aime mille fois plus quand il est en vacances chez ses grands-parents. Il peut même arriver, quelquefois, dans ce cas-là, qu'il nous manque.

 

Donc, à part mon fils et quelques élans pseudo amoureux, je ne me souviens pas avoir connu une période aussi longue dans ma vie emplit d’une telle plénitude.

 

Vraiment, non.

 

Le problème, car il faut bien en trouver un, c’est que les heures passées derrière mon standard, comparées à celles passées auprès de ma nouvelle famille, deviennent véritablement insupportables.

 

Alors il y a toujours plusieurs choix :

 

Se résigner, penser à l’argent qui rentre régulièrement, aux quelques collègues sympas qui nous font rigoler, à ce quartier du 8ème où je salue aujourd’hui les commerçants par leurs prénoms, à la prime d’intéressement, aux tickets restaurant, à la fête de fin d’année avec champagne à profusion…. Et me dire qu'on ne peut pas tout avoir.

 

Ou bien, refuser les avantages pour risquer de pouvoir réussir dans un domaine que j’affectionne vraiment, l’écriture, par exemple.  Et prendre mon courage à deux mains en pensant à ma mère. En pensant que la vie est trop courte. Et se dire, pourquoi je ne pourrais pas tout avoir ?

 

Si vous me connaissez un peu, vous devez avoir une petite idée de mon choix.

 

Je viens de donner ma démission. Je pourrais bénéficier de la rupture conventionnelle. Je ne vais pas chercher un autre travail dans l’immédiat, non, je vais écrire ce roman qui tourne dans ma tête depuis bientôt cinq ans. Je dois coucher les mots sur papier, ils m’empêchent de dormir parfois, je n’arrive plus à les faire taire. Peut-être que je vais me planter, peut-être que je vais perdre six mois avant de conclure que je ne suis pas assez douée, peut-être que ma famille, encore dans le sud, ne me comprendra pas, mais je n’ai pas peur, pas peur du tout, au contraire, mon cœur n’a jamais battu aussi fort. J’avais peut-être besoin de l’entendre pour me savoir vivante.

 

La vie n’est faite que de choix et il me semble que c’est au moment où il n’y en a plus qu'il faut s’en inventer de nouveaux.  Le bonheur se provoque, s’entretient, se désire. Il faut croire en lui comme en la vie, avec sa fébrilité et son envergure. Il ne faut pas avoir peur de tourner les pages, proprement, définitivement. Nous ne sommes plus la même que nous étions à vingt ans. Cette personne là dort paisiblement dans les premiers chapitres de notre histoire. Peut-être nous observe-t-elle… Est-elle fière de nous ? Est-elle fière de moi ?

 

Je n’attends plus son aval pour avancer, après tout, elle n’était pas si maligne, ni très heureuse, alors j’apprendrais à me passer de ses commentaires, je suis de dix-sept ans son aînée, il faut bien trouver des avantages à vieillir…

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Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 12:20

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Premier jour

 

Nausées, fièvre, vertiges, mal de tête à se la fracasser par-terre, extérieur maussade, pas la force de se lever pour travailler, rester au lit et appeler la compta pour les avertir de mon absence.

 

Compassion niveau zéro assurée.

 

Culpabilité en raccrochant..cinq minutes et puis je ferme un œil et c’est oublié.

 

Deuxième jour.

 

Nausée empirée, fièvre de cheval de compétition, vertiges dès que j’ouvre à nouveau un œil , mal de tête à se faire décapiter, extérieur inhumain, non ! Non ! C’est impossible, je ne pourrais pas travailler aujourd’hui !!! IMPOSSIBLE ! 

 

Appeler la compta. Bis.

 

Compassion, à ce point, absolument rayée de leur vocabulaire.

 

Culpabilité en raccrochant…cinq minutes sur Facebook et c’est oublié.

 

Troisième jour.

 

La nausée ?... Je dois dire que le demi pot de Nutella d’hier soir est quand même bien passé… La fièvre ? Voyons, je touche mon front… Je dois dire que ça à l’air d’aller franchement mieux… Mal  de tête ? J’ai quand même pris 1G de Doliprane « au cas où », du coup… c’est difficile à dire… Dehors ? C’est plutôt une bonne journée, il faut l’avouer… Je suis d’accord, ça va un peu mieux… Mais bon… J’ai pas la force d’aller travailler, non, vraiment et puis…j’ai un arrêt de travail jusqu’à lundi. Je n’ai pas le droit de revenir travailler avant, je n’ai pas envie d’avoir de problème… Et la pauvre intérimaire que j’ai fait venir hier pour me remplacer à la dernière minute…quand même…je ne peux pas lui avoir fait endurer une telle vitesse d’adaptation pour lui dire que c’est fini au bout d’un jour ! Un peu d’humanité que diable ! Et puis demain c’est férié, revenir travailler pour une seule journée, ça n’a pas de sens ! Pas de sens du tout !

 

Donc…

 

Comme je suis une fille raisonnable…

 

Je vais me recoucher !

 

Appeler la compta. Pfffff….

 

Micro culpabilité en raccrochant…cinq minutes à vous écrire et c’est oublié !

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Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 11:58

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Réveil aux aurores, nuit  tombée trop tôt la veille, mille modèles de robes de mariées dans la tête, envie de profiter de cet éclat de joie qui est venu briser mon sommeil paisible. Contre lui, la tête sur son torse chaud. Envie de café, envie de rester là et de ne plus jamais bouger. Ne pas ouvrir les fenêtres, ne pas regarder dehors. Nous croire encore en Tunisie, sous le soleil venant généreusement brunir nos peaux. Envie de thé à la menthe et de chants Berbères. Pas envie d’être le premier dimanche de novembre…

Avant lui, je n’attendais plus rien. Je travaillais la semaine comme hôtesse d’accueil, je passais mes soirées à me disputer avec mon fils, je profitais des samedis pour aller au lavomatique et faire les courses de la semaine et le dimanche, je me levais à 5h00 pour partir travailler au marché jusqu’à 15H. Je rentrais alors en trainant mon corps endolorit jusqu’au quatrième étage, à pied, pour rejoindre notre 28m2, je déposais dans un dernier effort la caisse de poireaux généreusement offerte par mon patron et je plongeais dans un mauvais sommeil entrecoupé de diverses douleurs aux jambes et aux poignets, puis, lundi matin, tout recommençait. Alors, évidemment, dans ces circonstances, il était difficile d’avoir d’autres expectatives que d’arriver le mois suivant à payer de nouveau le loyer.

Quand je pense à cette époque, je réalise à quel point on peut s’enterrer dans une condition invivable et l’accepter comme une fatalité. Ne plus être capable d’entrevoir une porte de sortie. Traîner son corps, se sentir lourd, se sentir seul. Parce que personne n’aime passer son temps avec des personnes trop tristes, abattues. Alors on rumine, on s’enfonce, on se complaît, on s’enlise, on s’oublie. Les mois passent au rythme des traites qui s’accumulent. Plus envie de rien, ni de lire, ni d’écrire, rien à raconter. Visionnage compulsif de séries B et overdose de chocolat. Déprime sur la balance, de toute façon, il n’y a personne à qui plaire. Mais on se trompe.

On se trompe.

La vie n’est faite que de cycles initiatiques qui s’alternent. Les récompenses, à chaque fois que vous avez réussi à vous extirper d’un cycle difficile, sont les bonnes nouvelles qui commencent à s'enchainer. Ce qui est éreintant, c’est la succession interminable de ces deux cycles qui donne à notre vie un effet yo-yo. Un voyage en roller-coaster interminable. Le risque, comme ce fut longtemps mon cas, c’est d’en devenir accroc. De vivre dans des extrêmes de drames et d’euphorie. De ne plus arriver à profiter du retour au calme, par crainte de ce qui lui succédera. Ne plus arriver à être heureux, à faire confiance, à s’amuser comme avant, à rire, à pleurer, juste tenter de maintenir un état stable malgré les divers tsunamis qui on tenté de me déséquilibrer. De me faire perdre la tête. De me faire perdre la foi. Il n’existe qu’une seule foi, celle en la vie. Si vous perdez cette foi-là, la chute est irrémédiable.

Réveil aux aurores, nuit  tombée trop tôt la veille, mille modèles de robes de mariées dans la tête… Je n’ai plus envie de roller-coaster, de séries B et de boulimie de chocolat, je n’ai toujours pas envie d’ouvrir la fenêtre pour constater que le temps voudrait nous entraîner vers la grisaille, je n’ai pas envie de penser à demain, à ce nouvel insupportable lundi. Non. J’ai envie de boire mon café chaud, contre son torse chaud et d’apprendre à apprivoiser ce bonheur pour ne plus qu'il ne m’échappe. Tout en haut de la courbe métallique, où des cris hystériques raisonnent contre le métal gris des rails, à quelques mètres seulement de celle nouvelle abrupte descente, j’arrête le manège, au sommet…

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Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 00:36

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Excusez-moi, mais l’article qui suit est un article de rien du tout. Si ce n’est que je l’ai écrit pour vous. Sans vous, j’écris pour rien. Comme disait Françoise Sagan, on écrit toujours en pensant à une ou deux personnes en particulier. Moi j’écris pour vous. Pas de léchages de pompes. Sans vous, ces mots ne sont que des lettres posées sur un écran blanc. Comme l’hiver. L’hiver ne sert à rien.

 

C à vous


Première fois que je regarde cette émission sur France 5 depuis le décès de leur cuisinière Muriel Salmon, victime d’un AVC il y  a quelques jours. Concept simple, une animatrice : Alessandra Sublet et quelques chroniqueurs reçoivent une célébrité  à dîner autour d’une table conviviale, tout en dégustant  des plats préparés en direct.

 

J’imagine.

 

Gérer ses émotions d’être humain devant des milliers de téléspectateurs guettant des signes évidents de deuil.

Peut-être que je suis un peu tordue de penser à ces choses-là. Je me demande simplement si je serais capable de laisser la télévision faire fi de mes peines.

 

Lumière rouge sur la caméra, juste un sourd ronronnement des machines sur le plateau, dernières retouches maquillage. Il faut sourire. Il faut sourire.

 

5…4…3…2…1… « Bonsoir à tous ! ».

 

Lumière rouge occultée, rouge aux lèvres sublimé. Bruit sourd des machines, par la musique, effacé. Sourire enclenché. Que la grande comédie du petit écran commence !

 

Je suis admirative des personnes capables de manger avec une paisible apparence, tout en parlant dans une fausse ambiance d’intimité. Sans baver partout.

 

Ils parlent, en cuisinant  et en débattant sur les bonnes moules qui s’ouvrent facilement et les autres. Rires gras. Comme en cours de sciences naturelles, au collège. Sauf que nous n’y sommes plus. Mais si on n’a pas trop le cafard, on rit alors de bon cœur avec eux, ça exulte.

 

La présentatrice porte un T-shirt blanc avec Blanche Neige dessinée aléatoirement dessus et qui de sa main droite lui touche le sein gauche. Ça va bien avec les moules qui s’ouvrent. J’hésite à trouver ça joli.

 

Mon dieu. Fanny Ardant débarque. Elle a l’air défoncée. Je ne sais pas si je trouve ce constat triste. Elle est une muse pour beaucoup : hier Vincent Delherm,  aujourd’hui Mika… Marylin aussi était une muse planétaire.

 

L’arrière, arrière-grand-père de DSK tenait une maison close et a fini sa vie dans un bagne d’après les dires d’un des invités de l’émission. Je ne sais pas là non plus ce que j’en pense, si je dois en rire, en pensant que c’est génétique.

 

J’aime bien rire de petites choses. D’un ami qui parle avec enthousiasme et me postillonne dessus par inadvertance. Private joke. De quelqu’un qui me ment sans savoir que je le sais. Sad joke  Ça me fait rire, mais c’est nerveux. Du chef des coursiers avec lesquels je travaille qui m’offre un rendement minimum de deux fous rires par jour et qui vient de faire connaissance avec une tumeur maligne dans son nez. No joke.

 

Fanny dit qu’elle a appris à jouer d’un instrument de musique pour ne plus penser. Mika l’a quand même choisi dans le rôle de mère pour son clip « Elle me dit ». Lui, il a dû un peu cogiter sur son complexe d’Oedipe et autres fantasmes. Mais comme  il joue le rôle du mec barré, on ne s’arrête pas sur ces détails. On se dit qu’il est fun, mais pas du tout comme nous. Peut-être qu’au fond, nous ne sommes pas aussi « fun ! » qu’on le pense.

 

Parfois j’écris dans des forums, je participe à des conversations et j’y trouve tant de haine. Des pauvres gens cachés derrière des pseudos glorieux qui n’ont trouvé que cet espace d’expression pour se vider de leur fiel, sur les articles des uns et des autres. Ils ne savent voir que l’ombre des choses, ils ne cherchent que leurs propres fantômes et vomissent leur peine pour tenter de les expulser une bonne fois pour toute. Et appuyer sur « reset ».

 

Mais ça ne marche pas comme ça, le mal n’attire que son semblable. Il ne partira jamais de lui-même.

 

Excusez-moi, mais l’article que je suis en train d’écrire, est un article de rien du tout. Un que l’on oublie parmi tant d’autres.

 

Le bonheur me submerge, c’est si inhabituel. Comme la chaleur controversée d’un manteau de fourrure sur la peau nue. Je ne sais pas quelle sensation cela procure, la première fois. Pense-t-on à l’animal, comme on nous a tant répété de le faire ? Il ne me semble pas que la peau de bête soit une matière si moderne.

 

Le bonheur m’enserre de plaisir pour éviter que je ne m’enfuie, par peur de perdre. Mais que le bonheur se rassure, je l’enserre aussi.

 

Il est temps de couper l’interrupteur qui me relie au stress de mon travail, ce travail qui me ralentit et m’abêtit. Je dois être souriante et servile tout au long de la journée, comme si je jouais un petit rôle dans une petite pièce de boulevard parisienne. Un rôle mal payé. Un rôle que l’on adopte comme une seconde peau. Pour survivre.

 

Oui, j’éteins. La télévision. Les lumières. Les bougies. Mon cerveau. L’ordinateur.

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