Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 21:44

images-copie-5.jpg

 

Il y a de l’eau dans le gaz.

 

Quoique…le gaz se fait cher et l’eau rare. C’est donc sans doute une chance unique pour notre planète bleue que d’avoir de l’eau dans le gaz. Une dernière immersion dans le luxe, un dernier sentiment de supériorité envers les éléments et ce qu’il reste de notre nature. Dernier privilège des trois A. Loin, bien loin de l’Altruisme, de l’Allégresse et de l’Amour. Plus près de l’Avarie, de l’Avarice et de l’Avalanche. Amputez-nous donc d’un A, il en restera toujours deux de trop.

 

Oui ça sent le sapin, mais pas vraiment celui de Noël. Ça sent la peur et l'incertitude, jusqu'aux illuminations des Champs- Élysées. Un bleu timide, évasif, il faut bien respecter le dictat du calendrier, mais les parisiens ne sont pas à la fête.

 

Je suis allée voir les vitrines du boulevard Haussmann. Des dizaines de badauds amassés, tenant à bout de bras des enfants blasés, simplement témoins de vieux pantins gesticulant dans une mare de LEDs aux reflets pastel. Bien peu pour les faire rêver à l'ère d'Internet et des jeux vidéo. Les flics encerclant ce petit public non plus ne font pas rêver. On dit « foule », on pense « pickpocket », on dit « Noël » on pense « cadeaux, dépenses, crédits... ». On dit « magie » et on ne pense à rien, juste à l’anagramme d’ «image » sur le reflet des vitrines. On ne peut pas blâmer nos enfants incrédules de ne plus s'émerveiller devant un père Noël intermittent...

 

Et on dit: « C’est la CRISE !!! » on l'entend à toutes les sauces, plus ou moins épicées, plus ou moins caloriques et caricaturées. Les documentaires catastrophes se succèdent sur toutes les chaines, le français a faim, le français ne part plus en vacances mais se dore désormais la pilule sous des U.V artificiels, achetés au rabais chez Groupon. Le français est fauché comme un champ de blé brûlé par des actionnaires sournois, qui ont bouffé leur pouvoir d’achat en le mélangeant à des soupières pleines de caviar. Le français est fini, foutu, il n’y a pas plus d’avenir pour les jeunes, que les retraités ou les chômeurs, c’est la chute, the end, la lutte finale !

 

Alors expliquez-moi pourquoi près d’un mois après avoir fait part de ma démission, je n’arrive toujours pas à trouver une candidate compétente et enthousiaste pour me remplacer à l’accueil ? A part une dizaine lettres de motivations écrites en langage SMS et quelques entretiens téléphoniques où l’on me demande d’entrée si le travail n’est pas trop « fatiguant » et finalement que l’on m’annonce que les horaires (9h-17h30) vont être difficilement compatibles avec une vie de famille… je peine à croire qu’il n’y ait plus d’emplois en France, pas assez en tous cas pour vivre décemment.

Le français, en plus d'être un râleur internationalement reconnu est aussi un gros fainéant. Pour rester polie. Du coup, il ne fait même plus semblant d'être concerné lors d’un entretien d’embauche. C’est une chance pour l’employeur de l’avoir en face, pas le contraire. Le français minaude, se questionne, sourit mielleusement et calcule sans trop le dissimuler, les différents avantages sociaux proposés, contre les avantages des Assedic.


« C.D.I ? Pfffffff…. C’est long quand même… 35 heures ? Ne sont-ils pas à 32, 5 en Allemagne ?... Tickets restos ?... Ah…Parce qu’il n’y a pas de refectoooiiiirrrre ??? Ouais…c’est vrai que le quartier n’est pas mal, mais ça ne bouge pas trop par ici, noooonn ? J’vous ai fait envoyer mon C.V par ma secrétaire, vous l’avez bien reçu ? Parce que vous savez, les secrétaires, de nos jours… ». Véridique. Et je vous le rappelle, pour un poste d’hôtesse d’accueil.

 

Il y a de l’eau dans le gaz.

 

Et moi je n’arrive pas à partir de mon travail. Comme dans ces mauvais rêves où l’on veut courir, s’envoler même, mais où l’on reste enlisé.


Oui, les cauchemars hantent mes nuits. J’ai éclaté trop de bulles néfastes pour ne pas arriver à crever celle-là.

L’eau et le gaz ne font pas bon ménage. Le gaz finit toujours par s’échapper.

Par lavieendoses.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mercredi 30 novembre 2011 3 30 /11 /Nov /2011 22:29

 

nuitblanche3.jpg

 

Ce sont ces drôles de choses, ces toutes petites choses, que je ne remarquais même pas avant d’avoir posé ma démission. Avant d’être consciente de les vivre, peut-être, pour une dernière fois.

 

Même la machine à mettre sous plis qui rendrait hors de lui un moine tibétain lorsque qu’elle affiche « bourrage » toutes les deux enveloppes…sur 350… Même la machine à Nespresso (what else ?) qui fait beaucoup moins rêver qu’un Georges Clooney au paradis, surtout lorsque le marc de café dégouline sur ma jupe en laine blanche en même temps que je vide ses résidus douteux dans le lavabo. Même le sourire lourdingue de ce transporteur qui me hurle à trois centimètres du visage : « A VOTĖ ! », irrémédiablement, à chaque fois que je tamponne sa feuille de course… Même ces clients vaniteux, tendances, faussement cool qui me demandent : un « Thé ! », alors qu’ils savent pertinemment que ce sera à mes frais à la machine puisque qu’il n’y a que « what else ? » pour me tenir compagnie à l’accueil… Même le regard hautain de quelques un(e)s qui me méprisent, juste parce que je ne suis qu’au niveau du paillasson de leurs ambitions… Même ce P.D.G qui m’intimide et avec qui j’aurais vraiment aimé discuter, mais surtout pas du travail, autre chose que de nos quatre murs aux trop nombreux « open space » qui n’ont d’ouverts et d’aérés que leurs noms. Ils étouffent l’échange, la confiance, l’intimité et l’enthousiasme, juste au nom du profit. Le travail à la chaine façon chinoise n’est pas loin, en effet. Même ce plombier qui m’amuse et qui m’embrouille, mais qui finit toujours par apparaitre au moment même où je m’étais résignée à l’oublier ! Même cet homme merveilleux qui s’occupe des compositions florales de notre société et qui nous propose des explosions d’orchidées multicolores chaque mois, avec une humilité déroutante. Même ces fournisseurs et démarcheurs, machinalement charmeurs,  que je détecte dès leurs entrées en scène dans le hall d’accueil. Même si c’est usant, vraiment usant, à la longue… Même  ceux qui n’ont pas pris le temps de me connaitre, parce qu’au fond…je n’ai pas pris le temps non plus… Même celles et ceux qui m’ont déçue, parce que si c’est le cas, cela révèle que je les ai un jour estimés. Dieu sait et d’autres encore, que je ne suis pas rancunière.


Même ce standard éreintant, usant, m’essoufflant, m’harcelant, sans cesse, m’obligeant à rester calme… et diplomate… face à des clients à bouts de nerfs, fatigués, fauchés, seuls face à des répondeurs ou des hôtesses d’accueil elles-mêmes, agitées, épuisées, perdues, parfois, comme je l’étais, à se demander mais : « qu’est-ce que je fous là ??? C’était pas ça le rêve de ma vie ! Hey ! Wake up girl !!!! ».


Et puis soudain je trouve le courage, l’inspiration, l’illumination…qui sait… et j’appuie sur la touche « escape ».


Cette décision, je l’ai assumé à coups de nuits blanches et de taquicardie. Je suis consciente de qui et de ce que j’engage en l’assumant. Je joue avec le hasard, la chance et l’inspiration. Je n’ai aucun filet.


Et je devrais avoir peur.


Mais ce qui me perturbe vraiment… Ce sont ces drôles de choses, ces toutes petites choses que je laisse tomber derrière moi comme des petits cailloux, des petites lumières, sans savoir si je les retrouverais un jour… Ces petites choses que je n’ai pas vraiment envie de voir disparaitre, pourtant, je saisis peu à peu, que pour tout destin assumé, il y a un prix à payer.

Par lavieendoses.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 16:59

images (1)-copie-2

Alors que la majorité des gens détestent l’hiver parce que tout est gris, ils ne peuvent s’empêcher d’assortir  la couleur de leurs vêtements à celle du ciel. Comme pour se fondre dans le décor et passer à travers les chutes piquantes de températures. Je trouve triste que cette saison manque autant de folie et qu’elle rende indémodables les longues redingotes noires.


C’est un peu comme les aires d’autoroutes, qui s’entêtent à entretenir un décor stérile doté d’un confort moindre, pour ingurgiter des sandwichs à la rosette et à la pâte molle. Toutes se ressemblent, des cernes de l’hôtesse de caisse, jusqu’à la sélection grossière des produits régionaux, ce n’est pas toujours avec enthousiasme que l’on savoure son café soluble brûlant.

 

Je me suis souvent posée ce genre de questions à propos des H.L.M. Pourquoi sont-ils, en majorité, gris et austères ? Cela coûterait-il plus cher de les peindre avec un joli bleu ou vert pastel ? Avec des étoiles, des soleils, avec un effort évident de vouloir rendre la vie des banlieusards plus agréable. Mais non, on continue de construire des centaines de tours pareillement sinistres et à se lamenter derrière la vitre du R.E.R, tout en déplorant la mocheté de l’ensemble.


Les réfectoires des entreprises, aussi, sont souvent négligés par les décorateurs. On conserve l’esprit froid de la cantine. Le minimum de mobilier et le minimum d’implication dans la saveur des repas. On nous nourrit à la chaîne dans un décor d’usine. Peut-être est-ce pour nous faire oublier le confort, le luxe et oublier par la même occasion de demander des augmentations ?


C’est la crise… Et si on en doutait, on s’acharne à  nous la rentrer dans la tête à coup de licenciements, de mises au placard et de réductions budgétaires. Plus d’arrêts maladie, plus de rebellions, la crise a transformé le patron roi en véritable empereur. Alors on ne va pas se plaindre de l'insalubrité du réfectoire, bien contents d’en avoir un !

 

Les hôpitaux non plus ne sont pas obligés d’être aussi tristes…  Eux qui sont si souvent la dernière vision de notre monde. Un peu de rose, quelques sourires sur des tableaux, un peu de vie… Non, c’est comme l’hiver, on habille les lieux de la même couleur que la maladie, livide, blanc… Et puis ça pue la javel, comme à la piscine. Ca pique le nez et ça fait somatiser. Surtout quand j’allume une cigarette en sortant. Je me dis que je n’en ai plus pour longtemps. C’est évident.


C’est de couleurs que nous manquons, d’ailleurs, même à 9O ans, je pense que nous nous émerveillons tous devant un arc-en-ciel. Il suffirait de tellement peu des fois pour rendre notre environnement plus chaleureux, mais en bons français que nous sommes, nous préférons nous plaindre, c’est moins fatiguant…

Par lavieendoses.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 22:43

images-copie-4

 

Je voulais vous dire que je vous aime.

 

Que j’aime vos « aime » sur Facebook, vos commentaires laissés au grès d’une émotion assez grande pour que vous me la transmettiez, de vos encouragements, de vos désaccords, parfois, de vos humeurs… Je ne connais que très peu d’entre vous. Des fois…je me laisse aller à rêver, je vous imagine, j’anticipe vos réactions. Mais au fond…je ne sais rien.

 

Pas plus que certains de nos collègues, de nos amis. On fait confiance, on espère, mais on en sait rien.

 

Au fond, si on y pense, les criminels aussi doivent être l’ami de quelqu’un.

 

J’ai du mal à faire confiance, même à mon instinct, il me trompe parfois, sous le coup de l’enthousiasme, de ma positive attitude affichée qui ne cache qu’un redoutable pessimisme. J’espère dire avoir confiance en mon environnement « humain ». J’ai beaucoup moins d’affect et d’investissement dans le recyclage des bouteilles en plastique. C’est important, je vous le concède, d’ailleurs je voterai Eva Joly, au premier tour. Elle me touche.  C’est la seule. Ça me suffit.

 

Penser au tri sélectif alors que des milliers de personnes appréhendent le froid comme notre pire cauchemar, j’avoue, j’ai du mal à avoir la larme à l’œil. La planète va mal, oui, mais ne commençons pas par prendre soin de nos poubelles.

 

Je voulais vous dire que je vous aime.

 

Parce qu’il m’arrive de douter, sur le sens de ma venue sur terre… J’ai l’impression de faire plus de mal que de bien. Je parle fort, je revendique des milliers de principes qui changent tous les mois, j’use de ma verve pour piquer là où ça blesse, quand on me cherche, quand on me cherche beaucoup, je m’engage, je réfléchis, je me retire, j’hésite, je reviens, je me remets en cause, jusqu’à la dépression, puis je reviens, encore, gonflée d’auto-estime et d’un coup je réussis un truc incroyable, que je finis par foirer… Quel est le sens de tout ça ? Quel est mon rôle ? Je voudrais tout donner, mais je n’ai rien. Rien que des rêves qui se métamorphosent au fil de mes déceptions. Avec le cumul, on apprend à avoir des rêves modestes.

 

Je voulais vous dire que je vous aime.

 

Parce qu'on ne le dit plus. Ou presque. Ou par habitude. Mais « aime-t-on »vraiment ? Aimer, c’est compliqué, parce que ça engage.  Non, pas les mecs de Meetic, eux, ça ne les engage pas du tout, c’est un passeport pour une partie de jambes en l’air. Mais pour moi, ces mots ont toujours été très, très sérieux. Aimer, c’est tellement autre chose que juste le dire. Même un dieu… On l’aime, on l’aime…Mais lui, il fait quoi pour nous en retour ?

 

Je voulais vous dire que je vous aime.

 

Merci de me lire.

Par lavieendoses.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 13:17

 

téléchargement

 

En avoir « plein le dos ». Au point de rester bloquée. A tourner en rond avec la démarche de Quasimodo, tout en jurant comme le capitaine Haddock. Beau tableau. Tellement de choses à organiser et obligée de rester cloîtrée chez nous. En plus il fait soleil.

 

Je suis une malade très désagréable, j’en veux au monde entier de continuer à marcher tranquillement dans les rues, de prendre des cafés en terrasse, de rire aux éclats, alors que Moi je ne peux pas bouger de mon lit, si ce n’est pour arborer une démarche ridicule et douloureuse. Non franchement, c’est pas sympa, la solidarité se perd.

 

Vous ne le saviez pas tous encore, mais les enfants et moi allons faire une émission pour la chaîne « Gully » à la fin du mois de décembre. Je ne peux pas vous en dire plus pour l’instant, si ce n’est que nous allons chanter. Enfin…disons que c’est ce qui est prévu, car amis professeurs de musique, professeurs de chant et chefs de chorales, je pense que vous me comprendrez lorsque j’évoque les quelques difficultés à faire chanter juste un enfant qui n’a pas d’oreille, ni de notion rythmique et un autre qui n’arrive pas à retenir un mot de son texte et que ça ne panique absolument pas. Mais, comme ça ne tombe pas du tout en même temps que la préparation de notre mariage, ni la fin volontaire de mon C.D.I pour me jeter dans le vide inter-sidéral avec moi seule pour moteur, tout va bien !

 

En avoir « plein le dos ». Au point de ne plus arriver à gérer les émotions contradictoires qui me submerge. Bonheur intense, trac, stress, impatience, panne d’inspiration, amour, panique, fatigue. Ma vie ressemble en ce moment à un énorme kaléidoscope que de petits lutins farceurs s’amuseraient à agiter dans tous les sens. C’est rigolo. Pour les lutins.

 

Mon futur mari et moi-même (Hé ! Franchement ! Ça fait classe, non ?!?) avons été très surpris et émus de l’enthousiasme de nos « invités » lorsque nous leur avons proposé d’assister  à notre union au Maroc. Sachant que nous demandons à chacun une participation conséquente, ainsi que des jours à poser dans leur travail. Pour l’instant, la moitié des personnes sollicitées nous ont répondu un « oui » définitif immédiatement. Même mes grands-parents seront du voyage ! Ce qui m’a fait penser, déjà, que ces personnes nous aiment vraiment, qu'elles sont prêtes à passer trois jours sur place malgré quelques histoires latantes dans les deux familles et que peut-être aussi,  ont-elles besoin de prendre l'air... Dès l’annonce de notre mariage, la totalité de notre famille et de nos amis se sont exclamés : « Ah ! Enfin une bonne nouvelle ! ». Je pense sans trop vouloir m’avancer, que 2011 ne sera pas regrettée par beaucoup.

 

En avoir « plein la tête ». Au point de se créer un œdème au niveau des vertèbres. Peut-être que ce n’est qu’un amas de petit nœuds qui en ont fait un gros et peut-être qu’une fois que ce gros nœud disparaîtra, je serais enfin prête à affronter ce destin magnifique qui se dessine, sans être toujours amarrée quelque part dans le passé?

 

En avoir « plein le cœur ». Au point de remercier le ciel de m’avoir bloquée un temps mon dos, pour m’obliger à me reposer et m’aider à me redresser définitivement. Apprendre à mieux écouter mon corps. Tiens...il me parle! Tu as faim mon petit?... Ne t'en fais pas, je vais tout de suite chercher le Nutella!

 

Aïe! Et voilà! Je me suis levée trop vite, mille sabords!

Par lavieendoses.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Présentation

Compteur

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés