Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 16:02

Comment s’est passée l’entrevue avec le professeur principal de mon fils ? Lisez plutôt…

 

J’arrive à l’heure dite, remontée à bloc comme une horloge suisse, un discours bien rodé qui fait du looping dans ma tête, mon fils qui me suit, muet comme une ombre et une fois au secrétariat, voilà qu’on me dit : 

 

« MadameX ? Ah non, elle n’est pas là, elle a eu une urgence et elle est partie à midi. »

 

Je fulmine.

 

Voilà deux semaines que j’ai fait cette demande de rendez-vous auquel elle ne m’a répondue que la veille pour le lendemain et elle me pose un lapin ! J’en profite alors pour aller voir d’autres professeurs encore présents dans l’école et j’obtiens trois entretiens l’un avec le professeur d’histoire, un autre avec celle de français et un dernier avec le prof d’espagnol. La première chose qui me frappe lorsque je discute avec eux, c’est la considération qu’ils ont pour mon fils. Chacun d’entre eux parle de lui comme un élève agréable et brillant mais qui a des résultats à l’opposé de ses capacités. Des résultats, j’irais même jusqu’à dire, incompréhensibles, puisque lorsque je lui fais réviser ces cours à la maison, il connaît tout par cœur et dès qu’il se retrouve devant un contrôle, il ne sait plus rien. « Il semble ailleurs… » disent ses professeurs.

 

Quand nous sommes rentrés à la maison, Benjamin s’est effondré et m’a dit qu’il n’en pouvait  plus d’entendre dire qu’il était brillant, parce que les gens attendent de lui quelque chose qu’il ne sait pas donner et il passe son temps à décevoir tout le monde… Et ça m’a brisé le cœur parce que je ne sais plus comment l’aider.

 

J’étais partie à l’école pour régler mes comptes avec le professeur principal (qui est accessoirement professeur de sport) et je me suis rendue compte que je n’avais pas conscience à quel point mon fils avait fait des efforts pour améliorer son comportement en classe et à quel point il était largué en cours... Alors aujourd’hui tout tourne dans ma tête, ses notes catastrophiques qu’il m’a caché et surtout, ses larmes qu’ils retenaient depuis des semaines pour ne pas que je me fasse du souci. Mon fils est la personne la plus extraordinaire que je connaisse et c’est peut-être là son plus gros problème, lui qui donnerait tout pour être comme tous les autres…

 

Je vous souhaite un bon week-end, à lundi.

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Jeudi 27 janvier 2011 4 27 /01 /Jan /2011 12:01

Ce soir, j’ai rendez-vous avec le professeur principal de mon fils, qui va me faire part, une nouvelle fois, du désintérêt notoire de Benjamin pour l’école. Il va donc falloir que j’écoute calmement les :

 

« Mais ça ne peut plus durer ! Votre fils est insolent ! Il préfère écrire des poèmes pendant les cours plutôt que de s’intéresser à ce qui est dit ! Ces résultats sont désastreux, ce n’est plus possible ! ».

 

L’autre jour, il est rentré avec un mot dans son carnet de correspondance, écrit par son professeur d’art plastique, qui lui a donné une heure de colle à cause, une nouvelle fois, de son insolence. Benjamin m’a raconté la scène. Alors que le professeur faisait un tour de classe pour savoir quel travail les élèves envisageaient de faire plus tard, il s’est arrêté sur lui qui lui a répondu: « Je voudrais devenir astrophysicien ». Selon les dires de mon fils, son professeur lui a répondu en riant : « Mais c’est un travail qui ne sert à rien ! » et Ben de lui répondre : «Parce que vous trouvez que le votre sert à quelque chose ? »…

 

Alors, oui, c’est insolent, la docilité béate ne fait pas vraiment partie de ses traits de caractère. Les chiens ne font pas des chats.

 

Cependant, ne croyez pas que j’encourage cette attitude, mais je me demande comment réagir pacifiquement devant le regard culpabilisateur de ce professeur lorsque je vais la rencontrer ce soir dans un face à face probablement houleux ? Dois-je lui répondre : « Je vous comprends, un tel comportement est totalement inadmissible, je puis vous assurer qu’il sera sévèrement puni en rentrant chez nous ! ». A quoi cela servirait-il ? Je sais par expérience que les punitions n’ont jamais adoucies les caractères rebelles, mais bien au contraire, je crois qu’elles permettent d’affûter le sens de la réparti et de la révolte intérieure.

 

Si mon fils était un benêt arrogant, je pense que ce genre de discours m’affecterait profondément et que je n’aurais pas d’autre choix que de me taire, mais si vous le connaissiez, lui, si avide de lecture, d’histoire, de langues étrangères et de culture, vous comprendriez mon malaise face à de telles reproches, parce que, oui, il adore apprendre, mais pas ce qu’on lui impose. La question se pose donc, l’école telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, est-elle toujours adaptée à cette génération de petits génies informatiques en herbe ? Peut-on demander à nos enfants la même discipline stricte que nous avons connu alors que, pour la plupart, il s’auto éduquent au sein d’une famille monoparentale ou recomposée ?

Et surtout, que doit-on répondre à ces professeurs principaux qui vous convoquent après la fin de votre journée de travail pour vous dire que l’attitude de votre enfant doit immédiatement changer?...

 

Ce soir j’ai rendez-vous avec le professeur principal de mon fils, celle-là même qui a prévenu les services sociaux, il y a un mois, sans consulter la directrice du collège, pour dire que vu ses résultats scolaires, il était évident je n’étais pas capable d’élever mon fils toute seule et qu’il faudrait l’envoyer dans un internat au plus vite.

 

J’espère simplement que je saurais rester une mère courtoise et calme...

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Mercredi 26 janvier 2011 3 26 /01 /Jan /2011 13:37

Hier soir, je me suis fait violence en m’extrayant de mon petit cocon cotonneux et je suis sortie voir une amie en concert au « Sunset », rue des Lombards. Ce qui implique : se maquiller, faire un effort vestimentaire et ressortir de chez moi. Pas si facile, croyez-moi, quand on a en tête comme philosophie de survie : « pour vivre heureux, vivons cachés ».

 

Pourtant je me suis lancée dans cette arène des tentations, puisque le « Sunset » fait aussi bar et que j’aurais bien siroté, je vous l’avoue, un bon petit verre de Chablis en assistant au concert. Maaaaiiiiisssss, je suis une fille sérieuse, qui entame aujourd’hui son 17ème jour de Dukan et il y a des choses dans la vie avec lesquelles on ne plaisante pas !

 

Sandrine Mallick (que vous pouvez découvrir sur le lien suivant :http://www.myspace.com/sandrinemallick) était vraiment superbe sur scène et le quatuor féminin des Lucioles (contrebasse, accordéon, guitare, voix) fonctionnait à merveille. Evidemment, je me suis tapée ma petite déprime habituelle en me rongeant les ongles d’envie d’être à sa place, ce qui m’a immanquablement donné l’urgence ce matin de reprendre au plus vite mon ancien métier. Parce que, oui, je peux vous dire que c’est un vrai métier et la qualité de la prestation d’hier soir sous-entendait des heures de répétitions et d’organisation pour réussir à faire ainsi salle comble.

 

Mais je vous rassure tout de suite, à l’heure où je vous écris, je suis confortablement assise derrière le bureau d’accueil, à ma place de tous les jours depuis ces deux dernières années, avec, à ma droite, deux tasses vides de café, à ma gauche, un paquet de clopes à moitié plein et je suis en train d’attendre impatiemment le point culminant de ma journée : la pause de 13h.

 

Yououh ! Quelle vie de folie !

 

Donc pas beaucoup d’inspiration aujourd’hui, si ce n’est une envie quasi lyrique d’ingurgiter du Mac Do en énorme quantité et de partir en courant de mon poste.

 

Maaaaaaaaaaaissssssssss comme je suis une fille sérieuse, je mangerai des surimis, tout en affichant mon plus beau sourire d’hôtesse d’accueil et je laisserai mes chimères de côtés jusqu’à la prochaine piqûre de rappel !

 

 

 

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Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 14:55

La mer me manque. J’ai des envies d’évasions de plus en plus fréquentes. Aller à l’aéroport, prendre un billet pour la première destination au soleil qui se présente et m’envoler. Ailleurs. Tout lâcher, mon travail, mes meubles, mes tableaux, mes bougeoirs, mes réserves de boites conserves et les photos d’un passé qui m’immobilise. Juste prendre l’essentiel, mon fils et mon courage, un dans chaque main. Planter les crédits, les impôts, la cantine. Partir en pleine nuit, clandestinement, héler un taxi depuis un trottoir désert, regarder la lune se baigner dans la Seine à travers la vitre. Tomber sur un chauffard peu bavard, ne pas avoir à expliquer. Pleurer, un peu sans doute, la liberté est enivrante.

 

Ne prévenir personne, assumer, attendre que la sérénité revienne, éviter qu’on me retienne, qu’on me raisonne, qu’on me culpabilise. Ouvrir les yeux dans les îles Canaries, Grenadines, Fidji, Maurice, peu importe, ouvrir les yeux sur une étendue d’eau à perte de vue, sur un autre monde, d’autres coutumes, d’autres espoirs. Je pense que l’on ne rêve pas des mêmes choses à Paris qu’à Papeete.

 

Jeter mon téléphone.

 

Le pire, c’est que ce n’est pas impossible, il suffit d’un simple éclat de folie dont la raison ne servira plus de rempart, d’une simple goutte de plus dans le vase trop plein pour un débordement irréversible. Autant s’éteindre au soleil.

 

Je suis ma pire ennemie, allergique à la stagnation.

 

Nous vivrons de poissons crus et d’eau fraîche. Je trouverais des solutions. Je suis une experte en la matière. Mais d’abord, il faudra que je me repose, un simple hamac pendu entre deux cocotiers fera l’affaire. Une semaine au moins. Benjamin fera des colliers de coquillages et préparera des grillades en attendant. Il est grand maintenant. Il prend le métro tout seul, il crée des sites internet, il joue d’oreille à la guitare des solos d’ACDC, il peut bien faire quelques grillades quand même… Puis nous aviserons, une fois apaisés, nous nous fondrons comme toujours dans cette nouvelle masse.

 

Il ne faut pas me tenter, non, il en faudrait si peu.

 

Mais pour l’instant, mon île déserte, c’est mon lit. Au pied de ma cheminée, on peut trouver quelques coquillages ramassés cet été à Hyères les Palmiers, posés négligemment dans un vase, une gousse de vanille de Madagascar, ramené en cadeau par un de nos fournisseurs au travail, mais le rêve s’arrête là…. Pour l’instant.

 

Juste dans l'attente de la goutte de trop... 

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Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 12:56

Je n’y arrive pas. Je ne peux pas faire illusion bien longtemps avec mes envolées pseudos enthousiastes, la vérité, c’est que je me sens comme un verre éclaté sur le sol et que personne ne ramasse. Il y a des débris partout et j’essaye de les rassembler à l’aide d’un plumeau. Ca ne marche pas. Lorsque je vous ai laissé, il y a un an et demi, j’ai cru que je ne me relèverai jamais. Aujourd’hui, mon équilibre est encore fragile, j’évite à tous prix les conflits, j’évite de prendre d’autres coups.

 

J’ai eu la chance de trouver un appartement sur Paris seulement deux mois après mes déboires. Mon fils et moi avons vagabondé chez des amis d’amis jusqu’à retrouver un petit chez nous qui m’oblige toujours à cumuler différents emplois pour honorer le loyer. Hier par exemple, je me suis levée à 5h pour aller faire la marchande de légumes dans un marché près de chez nous. Jusqu’à 15h. 9h debout dans le froid à me demander, comme tous les dimanches, à quoi ça sert ? Ce n’est pas comme si je mettais de l’argent de côté pour partir en vacances ou bien acheter une machine à laver qui m’éviterait de passer mon seul jour de congé dans un lavomatique, non ça ne sert juste qu’à éviter de se retrouver à la rue. Rien de plus, rien de moins. Lorsque le marché est terminé et que j’ai ramassé tous les déchets accumulés par terre à mains nues, je remonte avec peine les quatre étages de mon immeuble et je n’ai plus envie de rien. Ni de parler, ni de répondre au téléphone. J’ai juste envie que tout s’arrête. Je pense alors à ma mère qui se bat toujours contre son cancer et qui enchaîne à présent les dialyses tous les deux jours, de l’autre côté de la France.Et j’ai honte, parce que je ne suis pas malade et que je n’ai pas le quart de son courage.

 

Je dis à qui me le demande, que je n’ai plus envie de chanter, que ça ne me manque pas. Je mens à tout le monde, particulièrement à moi, je me persuade que ma vie me convient, que ces années médiatiques et scéniques sont derrière moi par choix, que la vraie vie est celle que je mène aujourd’hui. Quelle vie ? Celle qui m’oblige à partir travailler avec 40 de fièvre parce que je ne peux pas me permettre d’être en maladie ? Celle qui m’oblige à refuser systématiquement toutes les propositions de sorties parce qu’il faut que je me couche tôt ? Parce qu’il faut que je tienne ? Cette vie qui me confine dans un célibat malsain où je ne consomme les hommes que comme des anti-dépresseurs ? Cette vie si formidable où j’enchaîne les périodes de boulimies avec celles de régimes alimentaires drastiques ?...

 

Je n’y arrive pas. J’aimerais tellement vous faire rire, vous apporter de la couleur dans votre quotidien, mais je ne vois qu’un noir opaque autour de moi avec qui je fais un bras de fer quotidien pour arriver à sortir de mon lit. Et faire illusion. Alors ne m’en voulez pas si quelques fois mon pessimisme prend le dessus jusqu’à s’immiscer dans mes écrits, car je pense que nous sommes nombreux à nous faire violence pour accepter une vie qui n’en n’ai plus vraiment une.

 

Demain, je ferai de mon mieux pour gagner une nouvelle partie de bras de fer, au moins une. Mais je vous rassure, je n’ai pas dit mon dernier mot et j’ai quelques timides idées qui mûrissent pour que ça change. Il ne me reste plus qu’à savoir si le prix à payer en vaut la peine.A suivre…

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