Jeudi 29 décembre 2011
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14:59
Se nourrir de clopes et de café pendant une semaine, ça finit par donner des idées bizarres… Des idées d’hibernation,
accompagnées d’une pointe d’agoraphobie.
Mes amis, grande nouvelle, roulement de tambour et jeté de serpentins : je viens de commencer mon livre !!! Vingt et
une pages de transe " nicotinées " et "caféinées ". Les heures qui défilent, les doigts qui glissent de plus en plus vite sur le clavier, des centaines de phrases qui
semblent m’être dictées par mon subconscient. Ou autre chose… Le bonheur de créer, malgré les doutes, malgré la pression maladive que je m’inflige, parce que je ne sais plus travailler
autrement.
Fait-il beau dehors ? Les illuminations au rabais tremblent-elles encore dans la nuit, sous la violence des bourrasques?
Les transports en commun se sont-ils vidés le temps des vacances ? Les enfants sont-ils heureux des offrandes du Père-Noël ? Impossible de le savoir. Les rideaux clos, les yeux rivés
sur l’écran de ce magnifique ordinateur rose bonbon que je me suis offerte pour m’accompagner agréablement durant mon écriture, je vis comme un ermite. Car il ne faut pas négliger ce petit bout
de plastique intelligent. Avec lui, je vais passer des nuits blanches et des jours gris. Peut-être sera-t-il même témoin de quelques larmes de découragement ? Il s’agit tout de même d’une
relation très intime que j’essaye de ne pas imposer à mon futur mari, de peur qu’ils se ne mettent à s’embrouiller tous les deux. C’est délicat, vous comprenez ?
Pourtant, lundi, il me faudra reprendre la route du travail et prier aussi, pour avoir le soulagement de décrocher enfin ce
fameux sésame : la rupture conventionnelle ! Car vous l’avez compris, ma tête est bien loin de ce poste d’hôtesse d’accueil. A des années-lumière. Que-dis-je ?... Dans une autre
vie.
Mais j’ai serré les dents. Pendant presque trois ans. J’ai fait, toujours avec le sourire, des centaines et des centaines de
cafés, que j’ai portés dans les salles de réunion avec une visible expérience du service à table. Merci à mes pénibles années de restauration ou un des cuisiniers adorait me balancer :
« Allez la Piaf, tu bouges ton cul ?! ». J’ai appris des centaines de lignes directes. Qui changeaient toutes les semaines à cause du récent turn-over, mais j’ai pu bénéficier
d’une formidable formation auprès de Pascal Sevran, qui adorait m’appeler la veille d’une émission, vers 21H, pour me demander d’apprendre une chanson à texte bien balaise pour le
lendemain. J’ai fait moi-même la vaisselle de toutes les tasses à café que j’ai servi, nettoyé mon bureau et la salle d’affranchissement, mais toujours avec la même rigueur et le même
professionnalisme que lorsque je m’occupais d’une douzaine de suites par jour, du temps où j’étais femme de chambre à Londres. J'ai monté d'innombrables cartons dans les différents services,
forte des mucles gagnés par les heures passées au marché, au rayon fruits et légumes. J’ai pris des dizaines de commerciales dans mes bras qui craquaient sous la pression, je les ai écouté,
consolé et je suis toujours restée une tombe. Mais heureusement, mes années de maquilleuse m’ont apprise à développer un sens de l’écoute et de la pédagogie. J’ai rempli et envoyé des centaines
de demandes de visas, pour l’Inde, la Chine, la Russie et le Vietnam. Heureusement, mes années de mère célibataire m’ont apprise à devenir très organisée et efficace dans le
classement des divers papiers administratifs et le remplissage de formulaires. Beaucoup m’ont traitée comme une sous-merde en me regardant de haut, perchées sur leurs échasses Lou
Boutin. Heureusement, la vie s’était chargée bien des fois de m’y préparer…
Mais maintenant que j’essaye de faire un véritable bilan objectif et positif de ces trois dernières années, je me demande bien
ce que j’ai pu apprendre que je ne savais pas déjà. Mes limites sans doute, elles ont été tellement dépassées qu’elles ont avalées mon orgueil. Et je ne pense pas que ce soit une si bonne chose.
Quand des gens vous traitent en permanence comme la dernière roue du carrosse, il est très difficile de se reconstruire une couverture de dignité lorsque l’on passe la porte de son travail à
17h30. Il reste forcément des séquelles qui poussent inconsciemment à se dévaloriser.
« Si l’on était quelqu’un de valeur, peut-on penser, on nous parlerait avec davantage de respect, c’est
certain… ».
Alors, au bout d’un moment, on perd de son éclat. On devient l’image que l’on peut lire dans les yeux des autres. Une moins que
rien. Pourtant, comme j’aurais aimé leur dire que derrière cette allure de plante verte défraîchie, il y avait aussi une artiste qui sommeillait, quelqu’un qui a voyagé, qui a lu des tonnes de
livres, qui a fait du théâtre, du football, des concerts… Mais on ne mélange pas les cadres avec les souillons. A la fin, si on reste, si on se résigne, je crois que l’on commence à mourir à
petits feux…
Je crois que ce qu’il me faut retenir, surtout, c’est qu’il ne tient qu’à moi de me battre pour ne plus jamais me retrouver
derrière un standard.
Mais assez parlé de moi, bien que ce soit l’un de mes sujets favori !
Dans quelques jours, nous rentrerons ensemble dans une nouvelle année, avec son lot de bonnes résolutions et de prières pour des
jours meilleurs. Certains annoncent que ce sera la dernière de l’humanité. Voilà qui va bien occuper nos médias pendant 365 jours… Mais tout de même, ça donne un petit goût de plus d’éphémère
dans nos vies, il est parfois bon de se rappeler qu’elles ne sont pas si longues…
Je voudrais donc vous souhaiter une année riche en belles émotions, un apaisement des éventuels conflits familiaux que vous
pouvez subir, une santé de fer, à vous et vos proches, une prise de conscience de la chance que nous avons de jouer cette partie où il n’y a pas de « quitte ou double » et enfin de
trouver la force de déplacer vos priorités dictées, en grande partie, par des pressions médiatiques et ainsi de vous concentrer sur l’amour que vous pouvez propager autour de vous, plutôt que de
courber l’échine en permanence pour arriver à trouver des solutions pour payer vos dettes. Le bonheur est aussi simple qu’un sourire gratuit. Aussi facile que de tenir la porte à un inconnu ou
d’aider une maman qui galère dans le métro avec sa poussette. Aussi accessible que de proposer de partager un repas avec une collègue qui traverse une période difficile. Et même si tous ces
exemples que je cite ne sont que des lieux communs, je peux vous promettre que si vous vous forcez à maintenir votre bonne humeur, vous serez chaque jour récompensés.
Sur ces mots, je vous souhaite une très belle visite et entrée dans cette année 2012 !!!
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