Dimanche 15 janvier 2012
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C’est vrai que la nuit, toutes les villes changent de visages. Les lumières sont les tréteaux de cette nocturne métamorphose.
Nous devions aller au théâtre, comme tant d’autres fois. On aime bien s’inventer des plannings avec mon amoureux, pour avoir l’incessante impression de faire quelque chose de notre vie. Comme
faire des sorties "culturelles", ça fait toujours bien dans les conversations.
« Sinon vous avez fait quoi de beau cette semaine ? »
« Bein… tu vois…rien de bien original…on est juste allé au théâââââââââââtrrrrrre, voir cette pièce hyper controversée,
mais bon…on n’a pas trop compris pourquooooiiiiiiii… ». Souvent, nos interlocuteurs miment l’excitation face à notre récit. Mais au fond, ils s’en foutent, ils ont quelque chose de bien plus
intéressant à nous raconter, parce que figurez-vous qu’eux aussi ils ont un planning surbooké ! Et l’on passe notre temps à feindre l’écoute attentive alors qu'on attend juste notre tour
pour faire le show autour d’une pauvre anecdote.
Il y a des soirs où personne ne s’écoute, où tout le monde est agité, à cause de la pleine lune ou d’une fatigue
générale...
On se coupe la parole, on parle fort, on ne se comprend pas. Parfois, un de nous claque la porte. Comme un point final à une
discussion inutile.
J’ai un ami comme ça. Il a des sujets qui fâchent… Alors on les évite aussi bien qu’on peut, mais on ne fait que tourner autour,
les mettre en lumière en somme. Ce qui est gardé secret attise les convoitises… Donc on y revient, inévitablement. Les portes s’usent. Mais je l’aime, c’est mon ami, il le comprendra un jour et
il ne s’énervera plus. Il acceptera sans doute une amitié avec quelques…Consensus…
Rien à voir.
Je fais beaucoup de rêves sur ma mère récemment. Je me réveille en pleurant, comme si je la perdais à chaque fois. Elle nous
parle, à ma sœur et moi, elle nous explique… Mais je n’ai pas besoin d’explication. Elle est partie. Et nous, on fait comment maintenant ?
Alors j’aime rouler en voiture dans Paris, vers 21h, avant que les gens soient trop saouls pour rester dignes. J’ai fait partie
de ces gens. Je préfère les regarder à travers la vitre. Je préfère rouler.
J’ai toujours aimé tout ce qui brille. Tour ce qui brûle. Tout ce qui fait se sentir vivant. Les piments, la pluie, les râteaux,
le café, les clopes, les gâteaux, le sexe, l’impatience, la peur… J’ai besoin de vivre à l’extrême pour apprécier ce qui est devant mes yeux.
J’avais besoin. Aujourd’hui, j’ai trouvé l’Amour, je ne suis pas assez débile pour le laisser filer à cause de quelques
principes névrotiques.
J’Aime l’Amour. Comme les lumières au jaune délavé qui colorent un instant le bitume. J’aime ce flottement et mes idées folles
qui les accompagnent. Espoir fugace d’une vie meilleure.
Une vie en sépia.
Je suis euphorique de cette vie qui (re)commence. Je suis née pour créer. Je suis née pour avoir peur.
Je tremble !
Et je souris…